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Trois ans en Freelance : Le Bilan

Freelancing

Je me souviens encore assez bien de ce jour-là, quand j’ai publié cet article sur la nouvelle aventure que je m’apprêtais à vivre : Me Lancer à mon compte via le statut Auto-Entrepreneur. Ce même statut qui par vague, fait tellement polémique dans les médias.

C’était il y a trois ans.

Trois années pendant lesquelles j’ai appris. Bossé. Eu la chance de faire de belles rencontres, professionnelles et personnelles. Trois années durant lesquelles j’ai décidé à chaque fois, de remettre le couvert en conservant le statut d’auto-entrepreneur pour travailler à mon compte.

Alors qu’en est-il plus précisément de ces années à bosser en partie à son compte ?

Au début, il y a eu beaucoup de découverte. Il y avait l’effet de nouveauté. J’exerçais enfin avec un statut officiel. Je pouvais enfin répondre à des demandes qu’on me formulait depuis un moment. Je prenais beaucoup de missions, de contrats, parfois trop. Mais je m’éclatais, comme je m’éclate encore.

Ensuite, j’ai aussi vécu ces moments moins agréables. Quand un client joue de mauvaise foi. Quand un autre vous fait attendre lonnnnngtemps avant de bien vouloir vous payer. Il y a évidemment aussi eu celui qui ne répondrait plus aux mails et faisait le mort. Toujours quand il s’agissait de payer. Ceci dit, j’ai toujours eu la chance d’être finalement payée. Je sais que parfois, certains ne paient jamais hélas. Donc même dans les moments d’attente et de doute, j’ai eu la chance de ne pas connaître l’impayé de la part des personnes pour lesquelles je travaillais.

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Pourquoi moins d’articles sur cette façon de travailler ? Sur cette activité pratiquée en freelance ? 

D’abord parce que je fais encore partie des slasheurs à ce jour. Je cumule donc toujours deux activités professionnelles. Une en tant que salariée à temps plein en CDI pour une entreprise, ainsi qu’une activité en freelance avec le désormais célèbre statut Auto-entrepreneur/Micro-Entrepeneur.

Cela permet donc de largement goûter au monde du freelancing, d’en découvrir certains bons côtés comme de moins bons. De bénéficier de la satisfaction incomparable que de bosser à son rythme, pour soi. De pouvoir dans une certaine mesure, organiser son temps.

Cependant, puisque ce n’est pas une activité unique et à temps plein, cela ne permet pas d’en tester la viabilité financière pleine, que ce soit en période faste comme en période creuse (congés de fins d’année, congés estivaux…) qui peuvent selon les secteurs d’activité, être complètement plates.

Cela ne permet pas non plus de réaliser à 100% si la vie à bosser chez soi est une vie qui convient, quand c’est à durée indéterminée. Après plus de 15 ans d’open space, bien sûr j’aspire à du calme et à aussi, beaucoup plus de sérénité dans l’environnement de travail (moins de bruit, moins de monde, moins de tout). Cependant, au fil des années, la vie en entreprises a aussi des avantages, ne serait-ce que pour les ami(e)s qu’on s’y fait et pour les belles rencontres qui y ont lieu. En bref, il y aussi parmi tous ces gens qu’on croise, des personnes qu’on a appris à connaître, qu’on apprécie de côtoyer, des collègues qui sont moteurs dans le travail, motivants, sympathiques…

Être salariée-freelance, cela ne permet pas de ressentir à 100% les hauts et les bas au niveau budget. L’air de rien, le salariat offre une sacro-sainte sécurité financière, qui ne fait pas tout, certes. Mais qui permet de ne pas mal dormir (ou du moins selon les cas, de moins mal dormir) à cause d’un éventuel mois difficile.

D’ailleurs, puisqu’il faut bien parler d’une partie du nerf de la guerre, venons-y.

La Stabilité Financière

Avoir des revenus avec une certaine stabilité en freelance, c’est loin d’être simple. En vérité, c’est même du flux continu et tendu pour rester à un certain niveau de revenus. Tous ou presque vous le diront. Alors avant d’opter un jour pour une activité en freelance seulement, je suis de ces personnes qui pensent à ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier.

Par ailleurs, certains projets personnels comme un achat immobilier, pourraient être réalisés même si j’étais une indépendante ce et uniquement avec un job en freelance. Cependant, là encore, entre ce qui est possible et la réalité terrain, il faut dire ce qui est : Les Banquiers seront toujours bien + rassurés par des bulletins de salaire aux montants stables, que par les revenus fluctuants d’un quidam exerçant avec le statut d’Auto-Entrepreneur. Je ne dis pas que c’est impossible de louer ou acheter en tant qu’indépendant. Encore heureux d’ailleurs, mais voilà, faut bien avouer les faits. Un Cdi (avec un peu d’ancienneté s’il vous plaît), c’est souvent mieux reçu hélas.

Alors après ces trois années en freelancing/salariat, vais-je continuer à porter la double casquette ? Ou quitter l’une ou l’autre prochainement ?

J’ai cette année, pensé à l’éventualité de fermer l’auto-entreprise. Puis finalement, très vite, j’ai balayé cela du revers de main. Si cela doit arriver, alors ce n’est pas pour maintenant, ce n’est pas encore le moment. J’ai donc le couvert pour une nouvelle année, toujours motivée, toujours satisfaite quand je suis sollicitée.

Petits coeurs en sucre

Vers du Freelance Only ?

Je ne l’exclus toujours pas. Mais selon les périodes, mon avis change sur la question. Alors je ne cherche pas à me précipiter. Je laisse le temps passer et me donner raison (ou pas).

Si lors des deux premières années tout se passait de manière assez classique niveau santé, cette année, tout a été différent. J’ai donc constaté malgré moi qu’on pouvait se retrouver chez soi avec une mobilité fortement réduite, sans pouvoir travailler. Et ça en freelance, c’est un peu la misère. Même si il y a une couverture sociale, toujours bien heureusement d’ailleurs, c’est toujours compliqué de pouvoir assurer des revenus suffisants pour voir venir sereinement les mois qui suivront.

Conclusion ?

Je conclus après ces + de 3 années à avoir une activité en Freelance, que je ne fais pas partie, ou en tout cas pas encore, de ces freelances pour qui ce mode de travail est une évidence. Pour autant, je ne le vis pas mal du tout. J’ai mon rythme, mes client(e)s. Je m’offre le luxe de pouvoir quasiment choisir les projets sur lesquels je travaille et j’apprécie cette liberté que le salariat exercé en parallèle m’autorise.

Loin de moi l’idée de diaboliser l’activité en freelance en général. Bien au contraire. Je demeure une grande convaincue quant au fait que cette façon de travailler qui tend à s’étendre, va continuer à faire de + en + d’émules.

Je reste cependant pragmatique et m’exprime pour le cas particulier qui me concerne : Le fait d’être à la fois salariée+Freelance. En en constatant les avantages mais aussi certaines limites. Et je n’arrête pas mon activité en tant que freelance, c’est bien aussi parce que j’y trouve des choses, que je ne trouve pas ou plus dans le cadre de mon job en entreprise.

Je suis aussi assez convaincue qu’il peut y avoir des périodes + ou – adéquates dans une vie ou plus précisément, dans une carrière, pour exercer en freelance, en salariat, ou les deux en même temps. Que cela dure pendant des années ou non. L’idéal étant d’exercer par choix et de bien le vivre. Et bien entendu, d’en tirer des revenus suffisants pour vivre comme on l’entend :)

 

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8 Comments

  • Reply
    Morgane
    23 mars 2018 at 11 h 29 min

    Super chouette article ! J’ai très envie depuis quelque temps de me lancer dans cette aventure qu’est la vie de freelance mais je suis toujours en train de m’informer pour le moment.
    Et ton article est rassurant : savoir que l’on peut jumeler vie de salarié et vie d’auto-entrepreneur ! Personnellement, je ne suis absolument pas prête à quitter ma vie de salariée pour me lancer à corps perdu dans une nouvelle aventure qui risque de me mettre sur les rotules niveau financier… Alors grâce à toi, je sais que c’est possible de combiner les deux :) bien que cela doit Être assez fatigant, j’imagine…non ?

    • Reply
      GG
      23 mars 2018 at 17 h 31 min

      C’est possible oui. Et fatigant, selon les objectifs que l’on se fixe en freelance (si on vise trop vite hyper haut en revenus objectivés ou en demandes traitées), on peut vite tomber dans le surmenage. Je dirai qu’il faut démarrer doucement puis bien veiller à respecter ses moments de fatigue pour ajuster en fonction. Ensuite, il faut bien veiller avant de se lancer que son employeur (privé ou public) autorise la double fonction. Selon les contrats, il peut y avoir clause d’exclusivité et/ou clause de non concurrence :)

  • Reply
    Azylis
    23 mars 2018 at 11 h 36 min

    Au final, tu résumes complètement mes peurs par rapport au statut de free lance.
    C’est quelque chose que je ne me vois pas du tout faire…

    • Reply
      GG
      23 mars 2018 at 17 h 34 min

      Il y a 5 ou 6 ans, je n’aurais pas forcément imaginer passer en freelance, même en partie seulement. Je pense qu’il faut être disposée à le faire (mentalement, moralement…). L’expérience en entreprise peut aussi être un bon moyen de savoir si le salariat convient, ou pas, et pour quelles raisons. Par exemple, j’ai longtemps pensé que le freelancing était parfait pour moi. Or, il y avait une grande part d’envie de fuir l’entreprise, ce qui n’est pas en soi une bonne raison si c’est la seule raison. Après, faut aussi que son job visé se prête à un boulot d’indépendant.

  • Reply
    Pêche & Églantine
    23 mars 2018 at 15 h 35 min

    Ton témoignage me fait réaliser qu’il est vraiment possible de combiner les deux, d’associer la stabilité du salariat avec le rêve de l’entreprenariat.
    Il y a quelques jours j’ai écrit un article sur le fait que je ne suis pas faite pour être salariée car à part la sécurité financière je n’y vois pas beaucoup d’avantage… mais en même temps je ne m’étais pas réellement posé la question de savoir s’il était réellement possible de combiner les deux, quitte même à avoir un temps partiel.

    Je rêve de monter ma boite et grace à toi je réalise que c’est tout à fait possible d’associer ce rêve à la raison qui me pousse a garder un emploi “stable”.

    Je tiens aussi à te dire que je viens de découvrir ton blog et que je suis littéralement entrain de le dévorer ! Je me retrouve dans la majorité des articles et cela fait un bien fou !

    Enfin voilà, merci pour cette petite lumière et j’ai hâte de voir ce que tu nous réserve pour la suite !

    Pêche
    https://pecheneglantine.fr

    • Reply
      GG
      23 mars 2018 at 17 h 37 min

      Merci pour ce retour qui me fait plaisir :) Oui c’est possible quand l’employeur l’autorise (ou plutôt, le contrat signé avec l’employeur, car il faut bien observer si on n’est pas soumis à une clause d’exclusivité et/ou de non concurrence… La non concurrence étant importante si le job en freelance est sur le même secteur d’activité, même cible etc…). Idem dans la fonction publique, il y a des postes et statuts qui n’autorisent pas le freelancing en parallèle.
      Si c’est ok de ce point de vue là, après, la seeule limite, c’est soi et le marché visé :) et bien sûr, sa santé !
      Si tu te lances, dis-moi, je suivrai avec plaisir tes aventures :)

  • Reply
    Adeline
    24 mars 2018 at 9 h 57 min

    Coucou GG
    Il va quand même falloir que de bon côté je me lance dans les démarches pour officialiser les revenus que je touche avec mes bouquins. C’est chaud de sauter le pas quand certaines mois tu touches 300 € et d’autres moi à peine 15… J’ai peur que les charges me reviennent trop cher et bouffent tous mes gains. Et puis aussi la question dont tu parles plus haut, est-ce que ma hiérarchie me laissera faire (avec leur loi sur la moralisation de la vie publique, non mais la bonne blague jte jure !!)
    Pourtant, je me dis que exactement comme toi, ce n’est qu’en sautant le pas que vraiment j’oserai donner de la dimension à mon activité, la développer suffisamment pour en vivre (un peu, beaucoup, passionnément … ?)
    Pour le coup mon rêve est très clairement de passer à mi-temps dans un premier temps voire en dispo par la suite (et peut-être démissionner complètement le jour où je n’aurai plus d’inquiétude pour les études des enfants et le remboursement de la maison…). Je ne supporte plus d’avoir un cadre contraignant, d’obéir à des chefs et des injonctions auxquelles je ne crois pas. J’aime tellement la liberté :)
    Réflexion en cours :)

  • Reply
    Cassandra Polito
    25 mars 2018 at 21 h 41 min

    Hello, merci pour cet article !
    Ca me trotte dans la tête depuis ces derniers temps, je suis encore étudiante et je me dis…. pourquoi pas ? Cependant il faut que ça fasse encore du cheminement dans ma tête, histoire d’être bien préparée et ne pas foncer tête baissée !
    Bonne continuation à toi dans tous tes projets,
    Cassandra

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