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Slashing Assumé : Vie Pro de Salarié(e) et Freelance

Hotel avec vue sur mer Blonville sur Mer

Début 2015, alors que j’étais salariée depuis une quinzaine d’années, dont une décennie passée au sein de la même entreprise, je lançais ma petite affaire sous le régime simplifié de la micro-entreprise, à savoir en auto-entreprise. Quelques jours plus tard, je recevais par courrier mon numéro de Siret et pouvais enfin me mettre à facturer des clients que je connaissais déjà et pour lesquels je travaillais.

Bien entendu et sans surprise aucune à l’époque, même si ce n’était pas ouvertement communiqué dans mon job de salariée, j’ambitionnais en partie de travailler avec la double casquette pendant un certain temps, puis de pivoter vers un temps partiel dans le cadre du salariat afin d’avoir plus de temps en freelance. Le tout en espérant secrètement que dans les quelques années qui suivraient, je finirai par ne travailler qu’à mon compte. Ou alors, avec un mi-temps en entreprise.

Nous voilà en juin 2019. Alors qu’en est-il + de 4 ans plus tard ?
Je suis toujours salariée de la même entreprise à laquelle on peut donc dire que je suis fidèle. Cela fait 14 ans en janvier que j’évolue à différents postes. Et si toutefois j’ai désormais un temps partiel, ce n’est pas pour avoir plus de temps pour travailler à mon compte, mais dans le cadre d’un congé parental d’une durée d’un an, qui pourra ne durer que trois ans au maximum, conformément à la loi. Le fameux 80% si plébiscité.

Alors non, je n’ai finalement pas suivi la ligne virtuelle que je m’étais tracée à l’époque. Pourtant, je dispose toujours du statut de Micro-entrepreneur. Pourtant, même si j’ai fait quelques pauses en tant que freelance, ma petite affaire tourne toujours.
Alors pourquoi ne pas avoir doucement glissé vers une activité de Freelance seulement ?

Les réponses sont en fait assez simples. Parce que oui, il n’y en a pas qu’une mais plusieurs.

Commençons par ces avantages sécurisants du statut de salarié en CDI. Oui. Le Sacro-saint contrat à durée indéterminée. Celui qui protège quand même pas mal, même s’il ne fait pas tout. Celui qui rassure le banquier quand on se pointe pour demander un emprunt parce qu’on envisage d’acheter un logement. Celui qui ouvre des portes. Indubitablement.
Celui qui sécurise, qui assure un revenu régulier. Celui qui donne accès par son intermédiaire à d’autres choses non négligeables d’un job en entreprise : Intéressement, participation, prise en charge d’une partie des frais de déplacements (vous savez, comme le Pass Navigo par exemple), restauration d’entreprise prise en partie en charge elle-aussi, possibilité de bénéficier du télétravail et travailler un ou deux jours par semaine à son domicile, prix réduits de toutes sortes de choses via un Comité d’Entreprise (comme sur les places de cinéma, sur des séjours en France et/ou à l’étranger…),
Bref, ce CDI qui même s’il a aussi parfois des désavantages, vous pose un minimum.

Certain(e)s me diront que je me contente de lister des avantages importants oui, mais que ça ne fait pas tout, surtout quand/si on n’est pas bien dans son job.
Ouaip, ça ne fait pas tout. Sinon ça se saurait.
N’empêche que dans le cadre d’un congé maternité, c’est quand même bien confort de savoir qu’on bénéficiera des mêmes avantages que si on était encore dans les murs de l’entreprise (vive la subrogation du salaire, à savoir quand on continue à être rémunérée par son employeur), congé maternité classique…

Alors non, je ne suis pas restée salariée tout en ayant un statut de freelance, juste pour bénéficier des avantages du fameux CDI. N’empêche, qu’il faut bien l’avouer. Le CDI est sécurisant, très sécurisant.

Alors pourquoi ne passer pivoter vers plus de temps en freelance ? En indépendante ?

Là aussi, il n’y a pas qu’une réponse !

J’ai finalement trouvé un rythme de croisière qui me convenait. Je ne me tue plus à la tâche comme à une époque comme en 2015 et 2016. Des années lors desquelles je finissais de bosser chez moi vers minuit ou une heure du matin, parce que je bossais en freelance après être rentrée de mon job en entreprise. Autant dire que les repas, je ne les mangeais pas, je les gobais.

Je bosse donc moins et différemment. C’est l’avantage qu’on trouve quand on peut (le cdi me l’autorisait donc par sa sécurité) se laisser du temps pour mieux savoir où on va et surtout : Où on veut aller. Mieux encore : Dans quelles conditions on veut y aller. L’expérience a donc joué et parlé.

Tout n’est pas rose ni parfait. Il y a bien évidemment parfois des moments de doute, de frustration et consort. Des impondérables qu’on ne maîtrise donc pas… Mais il y a aussi ce positif, du positif oui. Comme trouver de la richesse dans son job de freelance quand parfois celui en entreprise n’est pas très très amusant. Et inversement. En entreprise, on croise aussi du monde, beaucoup de monde. Cela amène de chouettes moments, des rencontres. Et on apprend, sur les deux plans.

Le Futur ?

Auparavant, alors que partout autour de moi ainsi que sur le web et dans les médias, la vie de freelance était promue comme the best thing ever, j’avais l’impression latente et presque inconsciente qu’il fallait absolument choisir, que tout était binaire, qu’il n’y avait pas de nuance, que freelancing et salariat était incompatibles, opposés. Bref, que ces deux modes de vie pro ne pouvaient être associés. Ou en tout cas pas sur la durée.

Il se trouve que le temps a parlé et continue de parler. L’expérience aussi. Et ne le cachons pas, la conjoncture économique actuelle, influence mes choix. Alors aujourd’hui, je ne sais pas ce que ce sera le futur proche concernant cette double casquette que je porte. Mais une chose est sûre. Je ne fermerai pas ma micro-entreprise. Tout comme je ne lâcherai pas le salariat comme ça.

Le recul aide souvent à voir où sont les bonnes et les moins bonnes choses, mais aussi à les mettre dans cette balance virtuelle qui met en exergue ce que l’on a et qu’on a la chance d’avoir.

Alors je vais continuer ce slashing, qui n’est pas un poids, loin de là. Je le mène simplement à mon rythme.

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