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L’être au travail

par Griselidis
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Je n’ai pas le militantisme dans l’âme, mais il y a des sujets, par lesquels je me sens particulièrement concernée. Il serait impossible de tous les lister ici. Et le lieu n’est pas forcément adéquat pour évoquer la plupart des thématiques pour lesquelles je serai tout à fait disposée à me battre.

Pourtant, le sujet « Travail » et plus précisément, le sujet « Travail en entreprise », est un monde sur lequel j’ai pas mal de choses à dire. Ma mince expérience de plus de vingt ans dans ce monde parfois carnassier, presque toutes passées et partagées en open space, me permettent quelque peu d’avoir du vécu.

Quand j’ai découvert cette vidéo de Boris Cyrulnik évoquant le burn out, mais également la violence psychologique que beaucoup vivent dans le cadre de leur job en entreprise, ainsi que le manque de solidarité, j’ai frémi. C’est tellement vrai. Les mots sont pesés et justes. Il touche tout simplement à la réalité telle qu’elle est.

Le Burn Out n’est finalement que le petit nom commun qu’on donne de manière parfois rapide, à ce qui est pourtant bien plus répandu et plus vaste hélas, à savoir le mal-être au travail. Un mal-être pouvant avoir diverses formes et diverses origines. Différentes durées et différents degrés.

Et voilà ce qui est terrible. Être mal au travail, dans des grandes entreprises, en presque bientôt 2022. Alors que beaucoup de grandes sociétés prêchent pour l’intégration de disciplines alternatives pouvant contribuer a priori à un Mieux Être dans sa vie professionnelle.

La réalité est que peu importe les formations d’une journée auxquelles un salarié assistera, en pratiquant quelques exercices de sophrologie. S’il est déjà dans un engrenage de stress profond, ça le détendra un peu sur le coup. Et sans aucun doute cela lui filera quelques trucs et clés pour rendre certains moments moins lourds et oppressants. Mais si ça pouvait suffire pour faire disparaître un mal être au travail, ça se saurait.

Parler, parler, parler

Quand un mal-être est installé, il n’y a pas 36 000 solutions. Il faut d’abord parler. Et c’est sûrement là que c’est le plus compliqué. Parler d’un mal-être, c’est dans l’inconscient collectif souvent synonyme de faiblesse. La sensation de honte n’est jamais loin même si elle n’est pas consciente. Et comme sujet de conversation, on a vu plus gai n’est-ce pas ?

Loin des « Ma boss me casse le pieds' » ou du « Mes collègues sont vraiment des commères », le mal-être peut s’insinuer jusque dans la vie perso, alors qu’elle émane du pro sur les heures de boulot. Il fait qu’on y pense pendant le trajet retour à la maison, pendant le trajet aller, voire même avant d’y aller. Beaucoup y pensent dès le dimanche soir.

On se demande comment ça va se passer, comment ça va se présenter aujourd’hui. Quelle va être l’annonce cette fois-ci ? Le reproche ? La dead-line ?

 

Cela peut vous préoccuper au point de passer à côté d’événements importants du quotidien et de la sphère privée. Cela peut rendre irritable, moins patient, moins vigilant. Bref. Cela peut complètement flinguer le temps perso et la vie perso quand justement, elle devrait idéalement être la phase de break pendant laquelle on souffle et on repose le tout. Corps et cerveau.

Sauf que tout n’est pas si binaire. Tout n’est pas si simple. Si on pouvait faire « rideau »‘ dès qu’on sort du bureau aussi facilement, ça se saurait.

Trop d’activité ou pas assez

Quand ce n’est a priori, pas assez

Le mal-être au travail peut parfois même trouver racine dans des situations que beaucoup trouveraient plutôt agréables. Prenons par exemple le cas du salarié qui a peu de travail pendant quelques jours ou quelques semaines. Au début, c’est en effet plutôt chouette, ça permet de se mettre à jour sur tout ce qui ne serait pas terminé, ça permet de faire le tri dans ses documents pro, de refaire son CV, de faire un tour sur l’intranet pour aller voir les annonces de jobs à pourvoir en interne.

Puis parfois ça dure plusieurs semaines voire plusieurs mois. Et là, si ça ne gêne pas certains salariés qui y trouvent éventuellement leur compte, pour d’autres, ça peut vite devenir pesant. Peu ou pas de travail, alors qu’on se lève tôt pour venir bosser et qu’on fait un trajet parfois très long, pour finalement ne rien avoir à faire ou quasi, ce n’est pas franchement folichon.

Trop d’activité, de dossiers, de travail

Dans la plupart des entreprises, on parle de productivité. Et pour la mesurer, selon la taille des boîtes, on paye des personnes pour la mesurer, la suivre, l’optimiser même. Alors quand il y a parfois trop d’activité pour un ou plusieurs salariés, on peut en général le savoir. Et si ce n’est pas détecter sur le coup, cela pourra être constaté peu après. Idéalement.

Mais parfois, on passe à côté. Et ces personnes qui travaillent avec de la surcharge, elles en souffriront peut-être, notamment si cela dure. On l’ignore, mais si on a parfois en tête des salariés qui se plaignent (bah oui nous autres français, on gueule à longueur de journée, c’est bien connu), il en existe aussi beaucoup d’autres qui font le job et se taisent.

Il y a parfois des salariés qui aiment être un peu dans la tension ou pression si supportable, parce qu’ils aiment quand il y a de l’action. Il y a parfois des salariés si aguerris à leur travail, qu’ils tiennent sur la longueur comme sous la pression, parce que oui ça arrive, ça peut faire partie du job…

Mais parlons cash : Dans beaucoup de cas, il y a juste trop de boulot pour une seule personne. Juste trop de boulot pour un nombre d’heures par jour ou par semaine, qui n’est tout simplement pas tenable.

L’être au travail

J’ai rédigé cet article quand je bossais encore en entreprise. Je l’avais démarré en 2020 je crois, puis complété en 2021. J’ai vécu certains de ces moments lors desquels on se sent seul(e), démuni(e). J’ai eu la chance d’être entourée. Ce n’est pas le motif de mon choix d’être à mon compte seulement. En revanche, cela aura probablement contribué quelque part dans cette décision.

Aujourd’hui, avec l’expérience, je sais qu’il y a des choses qu’on supporte mieux selon les périodes de sa vie. D’autres qu’on supporte moins bien et moins longtemps. Le seuil de tolérance est quelque chose qui bouge, avec l’expérience, les années. Et si une chose est sûre, c’est qu’il faut s’écouter. Et que c’est probablement quand on essaie de relativiser 24h/24 et qu’on essaie toujours d’être impartial(e) alors que du mal est déjà fait et qu’on le sait, qu’il faut commencer à se faire aider. Et parler.

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