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Travailler Chez Soi : Le Pari de l’employeur

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Il fait encore nuit quand beaucoup sortent de chez eux pour aller jusqu’à cet arrêt de bus ou cette station de métro. Tout est souvent réglé comme du papier à musique. Prendre tel bus puis le tram, puis un autre bus à la descente du tram. Tout est bien rythmé et calculé, notamment en cas de retard du premier bus ou premier métro emprunté. Parce qu’on est jamais à l’abri d’un pépin technique ou d’un incident voyageur. Ce qui est monnaie courante, en Île de France et dans les transports en commun. Malaise dans la rame voisine ou animal sur les voies. Bus bloqué dans des embouteillages. Des classiques. Je dirai même, des valeurs sûres.

Pour beaucoup toujours, avant de se farcir les transports en commun, ce grand moment de sociologie et de promiscuité, ou encore avant de prendre la voiture pour se rendre au boulot, il faudra aller déposer le ou les petit(e)s chez la nounou ou à la crèche. Une autre étape, obligée. Avant le trajet pour se rendre au travail, ou sur le chemin justement du travail, avec ou sans détour, sinon ce n’est pas drôle.

Des emplois en bureau, souvent, pour beaucoup. Des jobs qui seraient tout à fait ouverts à du télé-travail. Du boulot at home, du taf à la maison.

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Aujourd’hui, je me réjouis, plus que jamais, d’avoir pu bénéficier du télé-travail grâce à mon employeur, ce plusieurs années et à nouveau depuis 3 mois. Une journée par semaine. Et tout en me réjouissant, tout en étant consciente de la chance que j’ai, je m’interroge. Je me demande pourquoi beaucoup d’autres entreprises ne font pas la même chose et n’étendent pas cette pratique tout comme d’autres boîtes ont tenté le coup. Pourquoi ne pas faire ce qu’on appelle justement un pilote, pour voir ce que cela donne ?

Le Défi

Et en parallèle, je comprends aussi. Je comprends le défi, l’investissement. Le pari que représente l’ouverture du télé-travail à des salariés. Cela n’est pas simple.

Il faut souvent investir : Changer un parc informatique déjà loué ou acheté, afin que les ordinateurs passent de fixes à portables. Et ça, partenariat ou pas avec une marque d’informatique, ça a un coût, loin d’être négligeable et un coût pas forcément toujours abordable.

Il faut sécuriser : En effet, il faut pouvoir assurer que les connexions des salariés depuis leur domicile seront sûre. Bah oui, faire transiter de la donnée confidentielle et sans doute méga touchy par du wifi comme ça, ce n’est pas forcément aussi sûr que la connexion vpn et les tuyaux du lieu de travail.

Il faut réglementer, cadrer : Comment ça se passera sur les conditions de travail ? Comment l’équipement informatique sera-t-il couvert ? Assurance habitation ? Assurance côté employeur ? Et les horaires alors ? Avenant au contrat ou non ? Quelle durée ? Comment échanger avec les collègues ? Son ou sa responsable ? Etc…

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Et la relation entre employeur et salarié ? Quelle sera-t-elle ?

Voilà une autre question et non des moindres : Quel patron ne s’interrogerait pas sur cette éventualité qu’un salarié pourrait ne pas être aussi motivé que sur le site où il bosse ? Quel patron ne se demanderait pas s’il ne s’agit pas là de faire un excès de confiance ?…

Et pourtant, il s’agit bien là aussi d’un rapport de confiance entre les deux parties. Une confiance précieuse. Une confiance qui pourrait parfois aussi être le dernier rempart vers le déploiement du télé-travail dans certaines structures. Une confiance qui si elle est accordée, permettra à de nombreux salariés de s’économiser sur divers aspects de leur quotidien et de mettre à profit cette économie d’énergie dans le travail. Jusqu’à 3 heures de transports en moins par jour télé-travaillé, donc moins de stress et de fatigue, pour une meilleure motivation et journée de boulot. Moins de dérangement notamment dans le cas de jobs en open space, moins de bruit voire pas du tout. Moins de plein de ces choses qui peuvent avec le temps, faire exploser le seuil de tolérance de beaucoup d’entre nous. Même les meilleur(e)s et/ou les plus solides.

Alors à quand cette prise de pari de la part de beaucoup plus d’employeurs, pour leurs salariés dont les jobs se prêtent au télé-travail ? M’est avis que ce pari, beaucoup devraient le tenter et qu’à bien y regarder, tout le monde serait gagnant.

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