Healthy Humeurs

L’endométriose de retour ?

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En juillet 2016, je passais sur le billard. Des lésions avaient été détectées suite à un examen d’imagerie. Irm, en l’occurrence. On me retirait alors ces lésions. Pas nombreuses ni très étendues. Mais suffisamment mal placées pour provoquer des douleurs et dans la foulée, gâcher la vie. Règles hémorragiques et consort. So Glamour. So sexy.

Mais pourtant, c’était bien là. Et jusqu’à ce que cela me soit dit et qu’on m’opère, j’avais des doutes. Pourquoi des doutes ? Parce qu’après des années à sentir la douleur et les gênes, s’installer progressivement, il peut arriver qu’on finisse par se dire qu’on devient douillette. Mais aussi parce qu’à force de consultations lors desquelles on vous fait comprendre que ça fait quand même largement partie du jeu quand on est une femme, d’avoir mal, bah quand ce sont les mots de plusieurs professionnels de santé différents, vous finissez par y croire.

Toujours est-il que voilà. Depuis janvier 2020 et même un peu avant, je sens bien que ça déconne à nouveau. Gênes, inconfort, douleurs. Donc la question du retour de cette endométriose, elle se pose. Fin février, on me parlait d’adénomyose. Et là, on me parle d’un kyste, pas très gros, mais qui se serait pointé en l’espace de quelques semaines.

Alors évidemment, ce n’est pas la joie. Rentrer à nouveau dans le parcours des examens qui se suivent sans se ressembler, tous assez invasifs pour vous rendre encore plus pudique qu’avant, ce n’est pas la plus chouette des perspectives que j’imaginais pour cette sortie de confinement, qui à elle seule, représente tout de même sa part d’occupation de l’esprit. Et du stress aussi. Je sais que j’ai de la chance. Ces examens ne sont pas douloureux. Je n’ai sans doute pas grand chose. Je vais m’exécuter en me réjouissant d’être bien suivie, d’être dans un secteur où j’ai facilement accès aux examens demandés, comme aux soins, avec des professionnels de santé au top. Mais je ne pensais pas que ça pourrait revenir, si c’est ça. Comme ça, si vite.

L’endométriose toucherait une femme sur dix. C’est ce qui est diffusé un peu partout dans les médias. M’est pourtant avis qu’elle en touche beaucoup plus. Je n’ai qu’à me fier aux cas dont j’entends parler autour de moi, dans le cercle de proches ou de moins proches. Et quand je calcule, ça nous fait bien + qu’une femme sur 10. On se rapprocherait d’ailleurs plus du quart au tiers, plutôt que de 1/10.

Et ça, c’est pour les personnes diagnostiquées. Parce que ça aussi, même si on l’entend moins, ça fait largement partie du décor. Beaucoup de femmes sont diagnostiquées tardivement, quand d’autres ne le sont pas encore, mais souffrent déjà. Pour ma part, ça aura pris grosso modo cinq ans. En revanche, ensuite ça a été vite. Et tant mieux.

Pourquoi rédiger sur ce sujet aujourd’hui ? Il y a je crois plusieurs réponses.

J’ai longtemps hésité. Parce que ça touche à l’intime. Ce n’est pas comme un fracture qui fait qu’on se balade malheureusement avec plâtre pendant plusieurs semaines. Cela ne se voit pas. Cela se trouve la plupart du temps dans cette zone qui fait l’objet d’un tabou, qu’on veuille bien se l’avouer ou non. Bref, ce n’est pas forcément le truc le plus évident à évoquer. Et je le constate bien, en réfléchissant à chaque mot que je tape à l’instant, combien c’est encore et toujours, un sujet délicat.

La pathologie, est pourtant médiatisée, depuis environ deux à trois ans. Tant mieux, oui tant mieux ! Si jamais ça peut aider des adolescentes dès qu’elles trouvent que quand même, ça fait sacrément mal ces fichues règles, alors que la plupart des copines, ne ressentent pas grand chose, bah tant mieux. Idem pour les femmes qui souffrent et qui ont quand même l’impression que ça va plus loin que ça. Que ce n’est pas seulement douloureux. Qu’il y a ces règles hémorragiques ou presque, qui dure parfois huit à dix jours ou plus. Ce ventre gonflé, à presque croire qu’il y a une grossesse en route… Alors que non il n’y en a pas. D’ailleurs. D’ailleurs, il arrive que dans certains cas, l’endométriose empêche de pouvoir mener à bien ce projet. Et il se trouve que la médiatisation de l’endométriose, elle tourne beaucoup autour de ce problème. Un sujet douloureux à tout point de vue. Et je trouve génial que cette médiatisation permette à des femmes et à des couples, de lever le tabou autour de la difficulté à devenir parent(s), à cause de l’endométriose.

Il ne faut cependant pas oublier que l’endométriose touche des femmes en âge de procréer, mais pas que. On peut souffrir ado, comme bien après la quarantaine. Elle ne choisit a priori pas ses cibles. Elle se loge où elle peut, où elle veut, parfois dans les parois des organes digestifs, parfois même vers le système respiratoire. Elle sa traduit par des lésions ou encore des kystes. Pour le peu que je la connais. Et je préfère j’avoue, peu la connaître. Bref, je m’égare.

Pourquoi évoquer cela ici ?

Parce que je crois qu’il faut que l’information circule encore plus sur ce truc qui est capable de gâcher des journées, des semaines. De faire sacrément mal, de vous plier en deux alors que vous marchez. De vous tirer une larme alors que vous êtes éreintées par les crampes douloureuses. Sans oublier le reste. Le ventre gonflé et consort.

Je crois aussi que j’en ai un peu assez de faire comme si ce n’était rien, que ça passait crème. Un peu assez.

 

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1 Comment

  • Reply
    Adeline
    8 juin 2020 at 22 h 03 min

    Il est touchant ton article. Je trouve ça magnifique d’oser parler de ce sujet, avec une telle simplicité. Merci Gigi pour ce beau texte.

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